accueil / Global Conference / Edition 2009 / Discours de JL Borloo
Transcodification :
…je vois ici beaucoup d’amis, de connaissances, que j’ai rencontré ces 12 derniers mois et que je vais revoir à Copenhague dans quelques jours.
Bref, j’ai un peu le sentiment qu’est réunie aujourd’hui à Deauville une famille. Une famille qui ne sait pas si elle est en train de constater les malentendus du monde ou si, finalement, ce dont elle rêve va peut-être se réaliser dans quelques jours.
Nous sommes probablement la première génération pour l’histoire de l’humanité qui a entre ses mains à la fois l’avenir, qui a entre ses mains un regard lucide, pas forcément désespéré, sur notre rapport avec la nature, avec les autres, avec nous mêmes. Une humanité qui est en train, probablement, de se découvrir un langage commun, un respect commun et un amour commun.
Il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion de dire au Président français: « Il n’y a pas une chance sur un milliard ». Il n’y a nul besoin d’être expert dans le domaine pour partager cet avis. Parce que nous avions vécu d’abord le grenelle français puis l’accord à 27 pays européens. Je me souviens bien à quel point il a fallu aller voir chaque pays pour aller débusquer son angoisse principale, celle qui, exprimée ou pas, fait qu’au fond vous ne vous entendiez pas, pour d’autres raisons, pour d’autres prétextes, en racontant une autre histoire, sur des malentendus de formes, de calendriers, de dates, de chiffres, de fardeaux.
J’avais dit au Président « Monsieur le président, d’abord, ce n’est pas une affaire de négociateurs et de ministres ». Bien sûr qu’il faut qu’il y ait des négociateurs qui débroussaillent, bien sûr qu’il faut qu’il y ait des ministres qui y soient. Mais ce dont il s’agit c’est purement et simplement de demander à tous les pays industrialisés de changer de modèle économique, de changer de modèle de production et de consommation, de changer de mix énergétique, et ce, de manière visible, contraignante, évaluable. Et quand nous savons que tout le développement économique s’est fait jusqu’à présent sur de la croissance, accompagnée de la croissance en besoins énergétiques, en émissions de CO2, en prélèvements sur la nature (minerais et minéraux en tous genres), nous voyons bien ce que cela implique comme angoisse pour les gouvernements. Angoisse face à leurs organisations professionnelles, angoisse face à leurs organisations syndicales. Je me souviens biens à l’époque du Paquet Climat-énergie européen, l’accord de décembre 2008, quand le syndicalisme européen était très enthousiaste au début, très inquiet après, en demandant : Que va-t-il se passer pour les 180 000 mineurs de Pologne ? Que va-t-il se passer dans la sidérurgie en Allemagne ? Que va-t-il se passer avec la céramique en Italie ?
Nous sentons bien que ce niveau d’engagement, ce niveau de responsabilité est angoissant. Et au fond, tant que nous n’arrivons pas à expliquer que c’est une absolue bonne nouvelle dans la compétition, que le changement de paradigme des économies des pays industrialisés n’est pas un fardeau mais une absolue nécessité qui est de l’espoir, qui est la compétitivité d’aujourd’hui et de demain… D’une certaine manière General motors nous a aidés parce qu’il faut des grands symboles industriels. Pour arriver à l’idée selon laquelle construire des voitures qui consomment 15 litres est moins pertinent que de construire des voitures consommant 2 litres voire complètement décarbonées, il a fallu qu’il y ait un certain nombre d’exemples ainsi qu’une volonté d’expliquer à chacun et d’accepter des flexibilités sur les sujets les plus angoissants.
Nous avions déjà vécu cette difficulté à 27 alors que nous sommes habitués à travailler à 27 et que, finalement, si nous n’avions vu chacun des pays en trouvant la solidarité et la flexibilité, il n’y aurait jamais eu d’engagement de moins 20% ou moins 30% [engagement chiffré de réduction de gaz à effets de serre, position commune européenne].
Cela nous avait tellement marqués que nous nous étions dit : « Mais à 192, avec de tels écarts de longitude et de latitude, de tels écarts de richesse, de tels écarts de nature d’activité, comment allons-nous pouvoir [arriver à un accord], seulement de réunions en réunions, de salles fermées en salles fermées ». Finalement, la caravane de spécialistes, très compétents et très engagés, qui se promène à travers le monde appréhende mal le nœud de la question: ce sont des décisions tellement lourdes, que seuls les chefs d’Etat et de gouvernement peuvent les prendre.
Un deuxième point qui m’avait beaucoup marqué est que nous nous étions engagés dans cette discussion en utilisant le mot de « négociation ». C’est un mot qui peut être beau dans certains cas, mais qui là ne veut rien dire. Nous ne sommes pas à l’OMC ; nous ne négocions pas du coton contre de l’acier, des droits de douane sur tel produit contre des droits de douane sur tel autre. Nous essayons de trouver la façon de bâtir la maison commune de l’histoire de l’humanité, cet espèce de doux changement de cap dans lequel tout le monde doit se retrouver. J’ai moi-même été alerté très tôt quand, allant voir les uns et les autres, chacun dans son pays commençait toujours par la même rhétorique, partout. Il n’y a pas un cas qui y faisait exception : « Ce n’est pas moi, mais c’est de la faute de l’autre. Mais si moi je fais ces efforts là, et les autres ne les font pas … », sous-entendu : « les conditions ne seront jamais réunies ». Et tout le monde s’attendait…
Le troisième point est que nous n’avions pas fait le bilan honnête de Kyoto. Car la question n’est pas de critiquer Kyoto, heureusement que ça a existé ! , mais de tirer les leçons de ce qui avait fonctionné et de ce qui n’avait pas fonctionné pour en tirer un certain nombre de conséquences. Et notamment, s’agissant de Kyoto, deux points m’avaient beaucoup marqué. Le premier est l’excitation sur la notion de traité, alors que dans bien des pays, le terme : « traité » est synonyme de fin de guerre. Par ailleurs, se pose la question de l’inexécution du traité en l’absence d’instance supérieure ; dans ce cas, j’ai un peu de mal à en concevoir l’intérêt, alors que son adoption exige des formes de rigidité compliquées. Prenons nos amis, les Etats Unis Amérique : il faut une majorité des deux tiers, ce qui rend, dans les démocraties, le processus bien plus compliqué. Et puis si nous y regardons bien, la partie sur la réduction des gaz à effet de serre du protocole de Kyoto n’a, en réalité, été honoré que par très peu de pays. L’Europe qui n’est pas le mauvais élève en la matière, loin de là, a honoré Kyoto mais grâce à une réduction des activités des nouveaux entrants, des anciens pays dits de l’est il y a une vingtaine d’années. En réalité les autres grands pays industrialisés ont eu du mal ou de la peine à honorer Kyoto.
Et surtout, Kyoto est fondé sur un concept, qu’il ne s’agit pas de remettre en cause, mais qui reste « le marché » - marché carbone, accompagné de mécanismes de développement propres. Or, les pays aujourd’hui qui sont d’ores et déjà les victimes du chaos climatique, notamment l’Afrique, Le Laos, Le Cambodge, le Bangladesh et puis certaines grandes régions, parties de l’Amérique du Sud, du Pacifique et de l’Inde, ont-il touché un dollar du processus de Kyoto ? Aucun. Aucun.
Tout simplement parce que les mécanismes inventés par Kyoto sont parfaitement adaptés pour des grands émergents qui peuvent faire baisser leurs émissions industrielles, mais ne sont pas adaptés aux grands vulnérables qui n’ont pas à cette heure-ci de puissance industrielle qui pourrait permettre d’améliorer le score des pays riches. C’est ça la réalité. Alors nous nous sommes beaucoup vus et j’ai essayé, parce que je suis convaincu qu’il fallait réussir Copenhague et qu’on ne pouvait pas laisser s’organiser ce grand malentendu du monde. Laisser croire par exemple que les pays en développement étaient un bloc homogène, c’est la culture des années 70. Que les pays industrialisés étaient aussi un bloc homogène, c’est la culture des années 70. Et cela ne correspond pas à la réalité d’aujourd’hui. Hong Kong n’est pas Bangui, c’est une réalité. Les problématiques ne sont pas les mêmes. Dans les pays industrialisés, vous en avez certains qui ont ratifié Kyoto, d’autres pas. Vous avez des pays industrialisés qui émettent 5 tonnes par habitant et par an, d’autres 24 [de gaz à effet de serre]. La réalité n’est pas non plus la même. Et donc nous nous sommes essayés, tous ensemble, à regarder la réalité et la vérité. Et, plus nous avons avancé, pays par pays, problématique par problématique, plus nous nous sommes rendu compte que Copenhague tenait en une page.
Et que, si nous réussissions à expliquer la vérité aux pays industrialisés, que c’est leur intérêt de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’entrer dans des systèmes compétitifs de sobriété énergétique et en carbone, que c’est bon pour le pouvoir d’achat de leurs propres citoyens. Si, de l’autre côté, nous acceptions l’idée que les pays vulnérables vont prendre quoi qu’il arrive, encore même en cas d’accord à Copenhague le plus élevé possible, deux degrés de réchauffement. Deux degrés qui impliquent une modification profonde de la vie, de la santé, de la réalité agricole, de la forêt ou de la déforestation. Si nous acceptions l’idée de regarder ce qu’il faudrait faire pour qu’adaptation et développement aillent de pair. Si, comme en Afrique, seulement 23 % de la population de Deauville avait accès à l’énergie, comment fonctionneraient le casino, la vie économique, les transports, les magasins, les services publics ? Si finalement les pays industrialisés regardaient l’Afrique comme l’une de leurs plus grandes chances. Si le projet de Copenhague était non seulement d’aider ceux qui sont déjà impactés par nous à pouvoir s’adapter mais d’en faire l’un de nos plus beaux projets, un projet économique, un projet de services, un projet industriel, un projet de solidarité.
Et c’est ainsi que, pour éviter que Copenhague soit une guerre de malentendus, nous avons tous ensemble bâti un plan qui, je crois, va s’imposer. C’est celui qui consiste à vouloir remplacer tous ces financements dont on parle et qui n’arrivent que de manière aléatoire par un financement garanti automatique annuel, strictement dédié à l’agriculture de proximité, aux énergies renouvelables, à la lutte contre la désertification, à la reforestation, à la lutte contre la déforestation. Un plan qui comporte aujourd’hui 500 ou 600 milliards de dollars sur 10 ou 20 ans, de toutes façons mobilisable dès lors que ce fonds est automatique. Je crois que ce fonds d’adaptation, pour parler en termes onusiens, va finir par s’imposer pour les PMA (pays moins avancés), les îles Aléoutiennes - ces îles de grande vulnérabilité - et en Afrique.
D’ailleurs, entre nous, il n’y a pas de Copenhague possiblement réussi s’il n’y a pas ce type de signal. Petit à petit, en voyant les uns et les autres, je me suis rendu compte que tout cela a tracé le chemin du possible, vous savez. Finalement ce n’est pas si compliqué qu’il y parait. Finalement on doit pouvoir le faire, les ordres de grandeur étant très faibles : sur les transactions mobilières en bourse, ça ferait du 0,01 %. Finalement, petit à petit, les uns et les autres, comme on avait vu les 27, nous pourrions arriver aux chiffres avancés à Bali, visant des réductions de 25% à 40% pour les pays industrialisés.
Et puis, nous avons dit à nos amis américains, une fois, dix fois, vingt fois : Enfin, vous rendez vous compte que vous êtes la première puissance mondiale et que vous êtes en train de dire à votre jeunesse, à vos universitaires, à vos chercheurs, à vos industriels, qu’au mieux du mieux du mieux vous ne sauriez pas faire mieux que revenir à 1990 ? Mais dans quel état de difficulté psychologique êtes-vous ? Mais, ce n’est pas possible ! Ayez confiance en vous, vous pouvez !, pour reprendre une expression célèbre dans d’autres circonstances. Nous voyons bien que le congrès menace de bloquer, mais adressez des signaux par des engagements visant des objectifs dans 10 ans, dans 20 ans, allez au delà. De toutes façons, souvenons nous qu’à Bali nous étions 192, et nous avons dit : « oui » aux engagements de Bali.
Tout Bali, que Bali, mais TOUT Bali. Petit à petit, le premier ministre du Bangladesh commence à dire : « Merci d’être venus, je n’en dirais pas plus, mais je pense qu’ils seront là ». Et puis, le premier ministre du Cambodge dit : « Notre ami, puisqu’il est le coordinateur et porte-parole des chefs, qu’il soit le mien aussi. » En Afrique, s’organisent les ministres et chefs d’Etat. Et lors du grand entretien avec notre ami Wan-Che Chuang il y a 15 jours à Copenhague, après une intervention un peu musclée à laquelle faisait allusion tout à l’heure notre collègue, celui-ci me disait: « Premièrement, il faut que la France soit représentée par le Président ou le Premier ministre. Deuxièmement, il faut que vous vous engagiez sur la réduction de l’intensité carbone. Nous comprenons que les grands émergents aient besoin de continuer à croître, mais il faut réduire l’intensité carbone pour arriver à un pic ou à un plateau ». Cela faisait des semaines et des semaines que nous disions aux chinois : « Puisque de toutes façons il n’y a pas de solution chinoise sans la sobriété carbone, puisque vous avez de toutes façons décidé d’être les leaders du monde de l’économie bas carbone, il est nécessaire que vous le disiez au reste du monde, pour que ceux qui sont encore inquiets comprennent que nous partageons tous, au fond, la même vision du monde, que tout le monde va s’engager dans le même processus. C’est pour cela qu’il est important de le dire, non pas pour imposer des contraintes, il n’y aura pas de tribunal mondial de cette déclaration, mais parce que nous avons besoin de vous, pour ne pas avoir le sentiment qu’un pays de 1 300 millions de tait ou parle si peu ».
Et en même temps, à l’inverse, je dis à nos amis africains, du Bangladesh, aux européens, aux américains et aux chinois : attention aux mots pour l’Inde. Il faut comprendre que les mots ont pour l’Inde une dimension de gravité que l’on ne connait pas forcément. Les indiens ont décidé un plan de réduction de la production de gaz à effet de serre et de décarbonation qui est extrêmement exemplaire. L’inde émet par habitant et par an 1,2 tonne [de gaz à effet de serre]. Je rappelle que la Chine en émet 4,4 tonnes ; l’Europe, entre 10 et 12 tonnes et les Etats-Unis entre 23 et 24 tonnes. L’un des objectifs mondiaux est d’atteindre 2 tonnes par habitant. Il faut comprendre que l’Inde est une grande démocratie, qui sur un peu moins de 1,3 milliards d’habitants compte 450 millions de personnes vivant dans la pauvreté. Et que toute expression, compte tenu de la perception de l’opinion publique indienne, qu’au fond ils accepteraient d’entrer dans une logique dans laquelle ils braderaient la sortie de la pauvreté massive contre un problème émis par d’autres, devient extrêmement difficile à gérer. Je ne vous dis pas qu’il ne faut pas chercher l’expression d’un engagement de l’Inde, mais qu’il faut comprendre les problèmes politiques, psychologiques réels de ces pays, avec leurs difficultés. Des pays comme ceux du Centre-Afrique auxquels on ne demande d’ailleurs rien dans ce domaine ; et c’est justifié.
Il y a des pays entre les deux. Quand j’écoute, comme ce matin à la radio, de très brillants commentateurs qui expliquent l’absence d’accord contraignant par la position des chinois, des indiens qui refusent à s’engager, je réponds qu’il faudrait commencer par discuter nos engagements chez nous et qu’on discutera de ces pays plus tard.
Ne vous trompez pas. Vous savez, et je fais allusion à l’excellence assez dure de Al Gore à Copenhague, si l’idée est de préparer une rhétorique pour blâmer la faute des autres parce que vous pensez que cela pourrait se terminer par « on se reverra dans un an », cela n’est pas vrai. J’en suis convaincu.
C’est d’abord une chance historique. Comme me l’a dit Kofi Annan l’autre jour : « Jean Louis, il faut vraiment que tes amis africains, maghrébins, accélèrent. J’ai bien réfléchi à la catastrophe que pourrait représenter un échec de Copenhague et il faut se mobiliser en amont. Si Copenhague se traduit par un échec, c’est le début du blame game, de la mise en accusation des uns et des autres. Ce risque, nous n’avons pas le droit de le prendre ». Or, en voyant les uns et les autres, comme nos amis chinois qui ont accepté hier d’annoncer la réduction du montant de l’intensité carbone (encore un petit effort et on aura la date du pic), comme nos amis américains qui ont commencé à s’avancer pour 2030 (ne parlons pas de 2020) … Nous sommes au bon endroit, dans le bon mois, sous le bon président. Il n’y a que la date à déterminer. Enfin, ce matin, le Premier ministre Poutine, s’est engagé à faire venir le président Medvedev les 17 et 18 [décembre 2009].
Quand nous créons un fonds d’adaptation autonome, peu importe le nom, Justice-climat ou autre, il s’agit de protéger l’intérêt bien compris de tous. Car, si nous prenons l’Afrique, vue d’une soucoupe volante, on verrait ce continent sublime : les plus beaux fleuves, les plus belles forêts du monde, une envie extraordinaire, les plus grandes concentrations énergétiques éternelles du monde, quelles qu’elles soient (biomasse, vent, solaire …). Là où la production d’énergies alternatives serait la plus performante. On pourrait en faire le plus beau continent du monde, celui qui aurait l’économie du XXI siècle sans avoir à démonter son vieux mix énergétique ou ses vieilles industries. Finalement, à Copenhague tout le monde peut s’y retrouver. Et je pense au déploiement du Président français, lorsque je l’appelle de l’aéroport, alors qu’il décollait pour Manaus, pour les pays amazoniens, pour lui annoncer les 10 milliards de dollars de provision pour les trois premières années et ensuite les 30 milliards pour le fonds d’adaptation [du plan Justice-Climat].
Au fond, j’ai eu la chance pendant un an, de préparer, de m’enrichir d’un tas de rencontres et de parler tranquillement avec le premier ministre chinois ou russe, et, au fond, je peux dire que tous ces dirigeants ont bien tout cela en tête. Pèse surtout l’inquiétude du comment faire.
Quand nous simplifions Copenhague, il s’agit d’obtenir des réductions de 25% à 40 % des pays industrialisés, ce qui est bien peu. La France est sur un rythme beaucoup plus élevé. Avez-vous le sentiment d’une tension dans le pays ? Non, évidemment. Au contraire, nous préparons un nouveau modèle économique, alors que notre modèle économique est bien fatigué.
Si vous voulez le fond de ma pensée : Copenhague est devant l’urgence et la nécessité. Grâce à des tas de gens, des tas de précurseurs dans le monde qui nous ont alertés. Je crois qu’on ne réalisera jamais l’ampleur du travail effectué par le GIEC. C’est la première fois que la science a popularisé l’évidence. C’est un nouveau rôle de la science. Je pense que c’est absolument extraordinaire.
Si nous poussons encore au fond de ma pensée, je pense que Copenhague doit être le début des nouvelles régulations de l’humanité, des nouvelles régulations financières. Au fond, instituer le fonds d’adaptation revient à considérer qu’il y a des biens locaux qui sont des biens de l’humanité. C’est au fond financer la reforestation ou la lutte contre la déforestation. Il s’agit de nouvelles règles de jeu financières afin de financer en vérité quelque chose d’indispensable à l’ensemble de l’humanité. C’est une sorte de « Pittsburg 2 » en accéléré, en plus grand, en plus beau. Je suis convaincu que, de la « Copenhague des contraintes », on peut faire probablement la plus belle cause commune de l’humanité. Je sais que chacune et chacun ici entre vous en est absolument convaincu. Sachez que je crois que cette maladie est devenue contagieuse. Je crois que nous avons une petite chance de réussir.
Merci.
26 novembre 2009
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