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Les nouvelles mobilités : enjeux sociétaux et solutions émergentes

S’interroger sur les nouvelles mobilités implique de caractériser le modèle de mobilité en place aujourd’hui, quelles sont ses limites et ses atouts ? Pourquoi les types de mobilité que nous connaissons aujourd’hui, essentiellement dominés par le « tout automobile », ne nous permettent pas de faire face aux défis environnementaux et sociétaux ?

Pour répondre à ces défis, les nouvelles mobilités ne doivent pas uniquement répondre à la question : « comment transporter les hommes autrement (via des modes de transport moins polluants) ? ». Il est également indispensable de penser le mieux vivre et travailler ensemble pour décorréler progressivement le thème de la mobilité du transport physique des personnes. Des solutions existent mais c’est bien sur ce volet de l’innovation sociétale et pas seulement technologique que la voie des nouvelles mobilités devra s’ouvrir dans les années à venir.


Le constat du règne de l’automobile

La mobilité des individus est aujourd’hui essentiellement pensée au niveau mondial à travers l’automobile. Ce mode de transport offre en effet de nombreux avantages : liberté, autonomie, service « porte à porte », conciliation des activités professionnelles et personnelles (notamment familiales). En France les émissions dues au transport ont augmenté de 19% entre 1990 et 2007, cette augmentation s’expliquant essentiellement par l’augmentation du trafic routier et de l’étalement urbain. En effet, plus de 80% des kilomètres parcourus le sont en voiture contre environ 10% en train (Source Commission des Comptes des transports de la nation CCTN).

Pour autant, l’hégémonie de la mobilité via l’automobile touche aujourd’hui ses limites pour des raisons environnementales mais également économiques. « Le système automobile utilise essentiellement la ressource énergétique du pétrole, coûteuse et polluante (émissions de CO2 et autres polluants), dont la pérennité à long terme n’est pas assurée. » (Rapport du Centre d’Analyse Stratégique, CAS, sur les nouvelles mobilités de novembre 2010). La question des coûts de la mobilité tout comme l’impact environnemental des modes de mobilité actuels incitent à repenser des modes intégrés –ie des systèmes- de mobilité moins coûteux pour leurs usagers et moins énergivores.

Innovation technologique ou nouvelles mobilités ?

Il existe un certain nombre d’innovations prometteuses dans le domaine du transport routier telles que la voiture électrique, ou hybride par exemple. Néanmoins, ce type d’innovation va mettre un certain temps à se propager et supposent des coûts importants pour la collectivité et les individus. Il faut donc penser à d’autres types d’innovations qui vont au-delà de la sphère technologique.

Sur le champ de l’innovation technologique, le développement des véhicules électriques, ou la montée en puissance des petits véhicules urbains légers vont continuer de monter en puissance. Néanmoins, les innovations technologiques les plus intéressantes pour les nouvelles mobilités se situent probablement dans l’ère du numérique ce qui permettra de faciliter le lien entre les modes de transports. Le téléphone portable jouera ainsi un rôle primordial dans le futur pour faciliter la mise à disposition de l’information au plus grand nombre et en devenant à terme un moyen de paiement efficace et pratique. Comme le rappelle le rapport du CAS, « les nouvelles technologies de communication sont et seront des solutions facilitatrices pour accéder à la multimodalité fluide en temps réel. En effet, l’usage des transports collectifs, des véhicules partagés, du covoiturage dynamique et d’autres services seront grandement simplifiés pour l’utilisateur grâce à la fourniture de la bonne information au bon moment sur tout le territoire. »

Au-delà des innovations techniques, la période actuelle s’avère idéale pour la dématérialisation du transport de véhicules ; les jeunes générations attachant moins d’importance au statut social que confère le bien automobile. Une proportion grandissante de la population est ainsi disposée à passer de la possession à l’usage. Les services d’autopartage, de co voiturage ou le recours grandissant à la location de voitures se mettent en place et permettent de diminuer significativement les transports urbains. Néanmoins leur succès est étroitement lié aux conditions tarifaires d’accès, à l’efficacité globale de ces solutions en terme de temps de déplacement notamment.

Pour rendre ces solutions plus opérationnelles il est primordial de travailler sur l’idée de chaine de mobilité qui doit assurer la praticité et l’efficacité du système, seules conditions permettant de concurrencer véritablement l’automobile en particulier. Dans ce cadre, l’enjeu de l’information jouera un rôle primordial pour informer les usagers d’une offre combinée et intégrée de modes de transports : vélo / train / location de véhicules/ transports collectifs, etc.

Décorréler mobilité et transport

La mobilité est pensée aujourd’hui comme une capacité à se déplacer pour échanger avec les autres hommes, exercer des activités personnelles et/ou professionnelles. Dans un certain nombre de domaines, notamment le milieu professionnel il n’est pas forcément nécessaire de se déplacer physiquement et le développement de modes tels que le télétravail,  u les téléactivités permettent d’économiser le besoin de mobilité physique. Limiter notre recours aux déplacements est à certains égards une piste intéressante grandement facilitée par l’émergence de la mobilité virtuelle via les outils de télécommunications (téléconférences, visio conférences) ou bien encore via des plateformes de télétravail décentralisées situées en périphérie urbaine et proches du domicile des collaborateurs. C’est par exemple une voie explorée par les chaines hôtelières pour pallier la faible occupation des chambres pendant la journée.


Pistes de réflexion pour l’avenir

Ces quelques réflexions discutées lors des Ateliers de la Terre à Evian ont amené les différents experts présents à formuler des pistes d’action pour l’avenir sur ce sujet des nouvelles mobilités, et notamment les pistes suivantes :
-    Encourager les nouveaux acteurs de ces nouvelles mobilités pour faire émerger les innovations sociétales et pas seulement technologiques
-    Développer les partenariats entre les acteurs de l’énergie, du transport, des NTIC, car les seuls acteurs du transport ne pourront pas inventer seuls ces nouvelles mobilités
-    Garder le souci constant de l’information des usagers sur la mise en place au niveau territorial et local de ces chaines de mobilité
-    Faire jouer à plein les coopérations public / privé en encourageant notamment les initiatives telles que le télétravail. Par ailleurs du côté des acteurs publics, une réflexion doit s’engager pour orienter les usagers vers des choix de mobilité moins polluants tels que faciliter le recours au vélo, la création de péages urbains, etc.

 

17 janvier 2011

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