accueil / Présentation / Les fondateurs
Eric Bazin
De nationalité française est journaliste et fondateur de la société de conseil et production Satelight. Il collabore régulièrement avec les rédactions de titres européens reconnus : Paris-Match, Géo, Sunday Times, Airone, National Geographic. Il a participé à l’organisation d’expositions photographiques prestigieuses: l’UNESCO à Venise et New York, les Réalisateurs de Films au Festival de Cannes, Fashion Victims au Carrousel du Louvre et les Sommets de l’Image à Courchevel.
George J. Gendelman
© Pascaline Dargant
De nationalité américaine, ancien directeur du New York Times et du International Herald Tribune, a fondé et dirigé depuis 1990 International Press Syndicate, agence de conseil en stratégie et gestion de droits de publications pour la presse écrite internationale.
Extraits Interview dans Décisions durables.
Eric Bazin et George J. Gendelman, fondateurs des Ateliers de la Terre :
Être durablement utiles !
Décisions durables : Quels sont les apports du développement durable à la société ?
Eric Bazin : Le développement durable doit générer une solidarité intergénérationnelle, sociétale, dont nous sommes en manque. C’est un mieux vivre ensemble, les uns avec les autres.
George J. Gendelman : Le développement durable force une réflexion sur la transformation des sociétés, il donne plus de sens à tout ce que l’on fait sur le plan humain, sur les plans entrepreneurial, politique et sociétal.
Où se situe votre approche ?
G. J. G. : Nous sommes dans l’opérationnel en ce qui concerne les mutations de gouvernance, en entreprise, comme dans le secteur public ; dans les collaborations entre entreprises, ONG et secteurs publics. En même temps, on est certainement sur une vision, plus collaborative, plus contributive de la société en général. Le développement durable est une science empirique, on apprend tous les jours, on se trompe souvent, mais on suit certaines voies que l’on pense bonnes. Personne n’a de leçon à donner sur ces notions. Nous apprenons tous en même temps.
E. B. : Dans cette volonté forte de rapprocher différents acteurs qui ne se rencontreraient pas forcément ou qui mettraient peut être plus de temps à œuvrer ensemble, il nous importe d’estimer, d’évaluer et de concrétiser. Les premières mises en application de notre volonté de bien faire ont été révélées et effectuées sur le continent africain, mais pour autant on travaille avec des partenaires industriels, avec des ONG, et avec des acteurs qui pensent que le creuset des Ateliers de la Terre est louable et bénéfique.
Qu’est l’innovation, en matière de développement durable ?
G. J. G. : Il s’agit d’une innovation à tous les niveaux. Le développement durable et l’urgence sur laquelle il est fondé, ont provoqué une accélération d’innovations technologiques. Mais la recherche se situe aussi sur le plan de l’innovation sociétale, entrepreneuriale. On parle d’économie de la contribution ou encore de co-opportunité, par exemple. Ce sont des approches très innovantes.
E. B. : Dans le domaine culturel, les Ateliers de la Terre apportent modestement une innovation culturelle au Musée d’Orsay, par leur participation à la création des « Ateliers de la Culture ». On travaille avec le groupe SOS : toutes ces considérations de la diversité, du handicap, de l’exclusion, tout ce qui traite de la requalification de personnes qui ont été en difficultés, de la réinsertion d’anciens prisonniers, de leur réhabilitation, tout ce qui redonne ou valorise la dignité humaine, c’est tout ça l’innovation. Nous avons cette préoccupation : être aux côtés de démarches comme celles-là. L’accès à l’eau, très bien, c’est un droit. Mais l’innovation vient aussi d’initiatives mises en place par de grands groupes comme par des privés de moindre envergure. C’est peut-être aussi une manière de prendre la mondialisation par un autre angle.
Comment définissez-vous les Ateliers de la Terre et comment évaluez-vous les cinq années de votre existence ?
G. J. G. : Nous sommes un groupe de réflexion tourné vers l’action, des catalyseurs d’idées et d’énergies. Nous partons du principe que la cause est commune, la responsabilité est commune, donc que le travail doit être commun. C’est pour ça que nous avons toujours mis dans le même panier les secteurs publics et privés, les ONG, les médias, le milieu académique. Les Ateliers de la Terre sont des jeteurs de ponts entre toutes les parties. Il y a beaucoup à inventer et, parfois, réinventer tout ce qui l’a été. C’est ce que nous adorons, Eric et moi.
E. B. : Depuis 2006, nous n’avons de cesse d’être des passerelles. J’ai grandi dans un petit village en Bourgogne près d’une gare de triage. Les Ateliers de la Terre servent un peu à accrocher des wagons et à structurer des rames.
G. J. G. : Et en même temps, nous construisons des voies nouvelles ! Nous avons une obsession : être utiles. Nous travaillons sur un réseau mondial appelé S.U.N. : Sustainable Useful Network. Il va identifier un maximum d’entreprises et d’initiatives vertueuses dans chaque pays du monde, afin d’initier d’autres initiatives vertueuses. Nous développons aussi un Programme sur l’éducation au DD en zones sensibles. Nous essayons de garder une réflexion prospective. A un moment de ma vie, je me suis interrogé sur l’utilité de mon activité professionnelle. Le partage de la connaissance, le partage des richesses intellectuelles, financières, de toutes sortes est essentiel pour faire avancer l’humanité vers un horizon plus inspirant.
E. B. : Dans ce besoin d’utilité, il y a aussi un besoin de recevoir, d’apprendre. La découverte d’autres cultures, d’autres problèmes est fondamentale. Nous avons besoin aussi d’aller voir ce qui se passe sur le terrain. On aborde le social, l’urbanisme, l’éducation des enfants. Tout démarre à l’éducation. Nous avons des enfants. C’est à eux qu’appartient le futur. Ils portent cet espoir.
Vous évoquez les pays en développement, avec quelle intention ?
E. B. : Pour en tirer du mieux-vivre ou du mieux-être, et ensemble. Nous sommes convaincus que le continent africain offre de nombreuses opportunités au-delà des images toutes faites, souvent fausses. Des groupes internationaux et les organisations multilatérales y trouvent un regain d’intérêt et Jean Louis Borloo a été moteur sur ce sujet. Il n’est pas question de reproduire mais de construire avec aussi la nécessité de compenser des injustices par des efforts et de la générosité.
G. J. G. : En s’internationalisant nous voulons partager plus d’expériences, échanger plus de bonnes pratiques. Il y a des considérations géopolitiques à prendre en compte. Aller sur place permet ainsi d’avancer dans la réflexion et dans la nécessaire transformation.
E. B. : Copenhague, Cancun… Les espoirs déçus de ces grandes messes nous obligent à repartir sur le terrain, à aller à la rencontre d’autres cultures et populations dont nous avons tant à apprendre. La vie se régénère aussi par des microinitiatives ou des renaissances humanistes. Et il faut aider ces régénérescence. Il y a encore de la place pour des gens comme nous, porteurs d’un faire savoir et d’un savoir faire qui rencontrent les expertises d’autres, partout. Pour ce qui nous concerne, depuis que nous avons commencé, nous n’avons lâché personne. Et on peut dire que nous n’avons pas été lâchés par grand monde.
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